New-York Trilogie, de Will Eisner (1981)

New-York TrilogieNew York Trilogie comprend :

  1. La Ville ;
  2. L’Immeuble ;
  3. Les Gens.

« Je me suis lancé dans la création d’une série de « photographies » bâties autour de neuf éléments clé qui, rassemblés, constituent ma vision d’une grande ville… De n’importe quelle grande ville. »

(Will Eisner, Introduction à La Ville)

Dans le premier tome (La Ville), on découvre la ville par des éléments insignifiants au premier abord : les perrons, une grille d’aération, le métro, les bouches à incendie, les détritus, etc. Le second (L’Immeuble) raconte d’abord l’histoire de quatre personnes liées par un immeuble : un homme hanté par les regrets qui échoue à sauver des enfants, une femme qui renonce à son amour, un violoniste qui dépérit simultanément à la destruction de l’immeuble, un promoteur immobilier hanté par ce bâtiment. Suivent ensuite le Carnet de notes sur les gens de la ville qui traite du temps, de l’odeur, du rythme et de l’espace de la ville. Le troisième enfin (Les Gens) est composé de l’histoire de trois personnes, trois invisibles.

Will Eisner, considéré comme le père des romans graphiques, porte un regard extrêmement sensible et acéré sur la ville dans cette trilogie. Ce n’est pas un éloge un peu guimauve de la ville, non, mais il dégage un amour très fort pour cet environnement. Mais la pauvreté est là, la cruauté aussi : morts, vols, viols se déroulent sous les yeux des gens indifférents ou, du moins, qui prétendent l’être pour se protéger. Tous des anonymes, des inconnus. Une femme et son bébé se jettent par la fenêtre pour échapper à l’incendie ; la huitième page du second tome est marquée par la mort d’un enfant. La ville est brutale et Will Eisner le montre tout au long de ces trois tomes.

Will Eisner possède un véritable don d’observation – peut-être aiguisé par les années – pour noter et croquer toutes ses vies, toutes ses nuances, toute cette différence qui se côtoie en ville. Sans aimer la ville, je reconnais que c’est quelque chose de fascinant, cette multitude de gens, de caractères, de styles qui vivent ensemble sans se regarder. Black City Parade : une ville, c’est vivant, c’est multiple, c’est des histoires qui cohabitent. Des histoires tristes et des histoires gaies que Will Eisner dessine. Certaines se racontent sur une seule planche, d’autres sur quelques pages. Certaines sont extrêmement bruyantes et bavardes, d’autres muettes.

Will Eisner rend le son de la ville, on entend les voix, les voitures, les klaxons en lisant ces livres. Je me suis sentie oppressée parfois : par la promiscuité, par ces murs qui enferment et bouchent tous les horizons.

« Vivre dans une grande ville, c’est un peu comme vivre dans une jungle. L’individu s’intègre à son environnement. Il adopte instinctivement les rythmes et la chorégraphie, et avant longtemps, la conduite du citadin est aussi spécifique que celle des habitants de la jungle. Des talents de survie complexes et de subtils changements de personnalité viennent modifier le comportement. »

(Will Eisner, Introduction au Carnet de notes sur les gens de la ville)

New York Trilogie, tome 1 : La Ville, Will Eisner. Delcourt, coll. Contrebande, 2008. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Capuron. 138 pages.

New York Trilogie, tome 2 : L’Immeuble, Will Eisner. Delcourt, coll. Contrebande, 2008. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Capuron. 164 pages.

New York Trilogie, tome 3 : Les Gens, Will Eisner. Delcourt, coll. Contrebande, 2008. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Capuron. 111 pages.

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