Au travail : les écrivains au quotidien, de Géraldine Kosiak (2013)

Au travailCe livre m’a été conseillé par quelqu’un qui avait beaucoup aimé. Avec cet avis, le résumé qu’elle m’en avait fait et celui de la quatrième de couverture, j’avais l’impression qu’il allait me plaire. Finalement, je suis plutôt partagée.

On me l’avait présenté comme un recueil d’anecdotes sur plusieurs écrivains de tous pays et toutes époques confondus. Sur leur manière d’écrire, les lieux qu’ils fréquentaient, les évènements qui les inspiraient, leurs rêves, leur vie quotidienne, etc.

Oui, il y en a. Le livre est constitué de courts chapitres d’une page, deux maximum. A chaque fois, on parle d’un auteur différent. Mais surtout, à chaque fois, on parle d’une écrivaine : Géraldine Kosiak. Arrivée à la fin de l’ouvrage (où il y a beaucoup de « je »), j’ai l’impression d’en savoir plus sur elle que sur les autres. Après, pourquoi pas ? C’est l’idée du livre, je suppose : se dessiner à travers les portraits de différents auteurs. Mais ce n’est pas ce à quoi je m’attendais et j’ai été déçue.

Ce sentiment de déception s’est atténué vers la fin. Et ce n’est pas seulement parce que j’en voyais le bout. Non, j’ai eu l’impression que les petites histoires sur les écrivains prenaient le pas sur sa vie et son travail à elle. J’ai beaucoup aimé les chapitres sur Proust (et la Datura – classée dans les hallucinogènes délirants – présente dans les fumées qui envahissaient sa chambre), sur Pessoa (et la malle en bois contenant 25 426 documents écrits de sa main retrouvée à sa mort), sur Nabokov (et la naissance de Lolita, inspirée par un gorille dessinant les barreaux de sa cage), etc.

Chaque chapitre est accompagné d’un dessin également de la main de Géraldine Kosiak. Certains sont amusants, d’autres intéressants, mais le style ne me plaît guère. De plus certains me sont restés totalement incompréhensibles. Incompréhensible n’est sans doute pas le bon mot, un dessin n’a pas forcément à l’être ; je devrais plutôt dire que j’y suis restée imperméable. Ces dessins-là ne me parlaient ni ne m’évoquaient quoi que ce soit.

En conclusion, je dirai que c’est là un livre guère mémorable à mon goût. Heureusement que certains chapitres de la seconde moitié raniment un vague souffle d’intérêt.

« Mais comment font les autres ? Géraldine, comment font-ils ? Crayons de bois, stylo à encre ou clavier ? Dans l’angoisse ou l’euphorie ? A quoi ressemblait leur vie ? Et leurs amours ? Et qu’en disent-ils, de tout cet entre-temps qui sépare le désir de l’objet ? J’ai lu, avec l’avidité qu’on a pour les romans, des quantités de biographies, de journaux, de traités et de méthode. Sophie de Ségur, George Sand, Rilke, Fitzgerald, Anaïs Nin, Gertrude Stein, Proust, Malaparte, Patricia Highsmith, Stephen King, Annie Dillard… Rien n’est vraiment pareil, mais quelque chose se ressemble toujours : cette tension installée au centre de l’existence, dont il est impossible de s’affranchir une fois qu’elle est là. Tout le reste, tout ce qui se passe par ailleurs, le bon et le mauvais, le doux et le dur, le remarquable et l’insignifiant est aspiré pour finir et s’engouffre dans le vortex. »

(Préface de Marie Desplechin)

Au travail : les écrivains au quotidien, Géraldine Kosiak. Les cahiers dessinés, 2013. 128 pages.

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