Alabama Monroe, de Felix Van Groeningen, avec Johan Heldenbergh et Veerle Baetens (Belgique, 2013)

Alabama MonroeLe pitch est plutôt simple : Didier rencontre Elise, une jeune femme un peu fantasque couverte de tatouages, et en tombe amoureux. Heureusement pour eux, c’est réciproque. Didier a une passion : l’Amérique. Un pays pour tous les rêveurs, dit-il ; lui et ses potes ont d’ailleurs monté un groupe de country et se produisent dans des bars de Belgique. Elise tombe enceinte de la petite Maybelle. Mais celle-ci est bientôt atteinte d’un cancer qui la consume peu à peu.

Je ne sais pas si je serais allée le voir en lisant un tel résumé. Sérieux, ça n’a pas l’air de casser des briques, ce film. ERREUR MONUMENTALE ! C’est juste que je ne lui rends pas hommage. Ou qu’il n’est pas vraiment fait pour être résumer.

La maladie a un rôle important, évidemment, mais Alabama Monroe ne ressemble pas à des films comme La guerre est déclarée (que je n’ai pas en dépit de toutes les bonnes critiques qu’il a pu obtenir). C’est plutôt juste sur la vie.

La gaieté d’Elise – qui ne semble pas faite pour la tristesse -, les couleurs de son corps, sa beauté, leur amour, leur amour pour leur fille, les discours de Didier contre les religieux qui empêchent les progrès de la science, qui restreignent les libertés de telle ou telle personne… Ils sont touchants par leur force et leur fragilité.

Le film est construit par flash-back ; s’intercalent différents moments de la vie des deux personnages. Ainsi nous suivons en parallèle leur rencontre et la maladie de leur vie, leur passé et leur futur.

Il y a une très belle lumière. Des couleurs chaudes qui contrastent avec celles – blanches, glacées – de l’hôpital. Des clairs obscurs. C’est beau.

Mais je n’ai pas parlé de la musique ! Comment est-ce possible ?! Réparons vite cet oubli !

Inspiré par Bill Monroe, Didier entraîne Elise dans le groupe. Tous les six, ils jouent de la Bluegrass : un banjo, une guitare, une mandoline, un violon et une contrebasse accompagnés par des voix. Cette musique est magnifique. Les cordes, les voix superbes qui s’élèvent… Ça prend aux tripes. Elle est entraînante, mais elle est terriblement émouvante parfois. Elle transcende le film. Je pense qu’il faut le voir au cinéma, pour avoir un bon son, une puissance, une force que l’on ne peut pas toujours avoir en regardant sur un ordinateur ou une télévision.

Grâce à la musique – je crois que c’est elle qui fait tout –, ce film est magique.

Avec une idée assez simple, on obtient un film très beau et vrai.

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