Héroïne, d’Ann Scott (2005)

HéroïneUne histoire d’amour entre filles qui finit mal. Ce qui est d’autant plus prévisible qu’une seule est amoureuse. Amoureuse à la folie, dépendante de la petite Iris avec qui elle avait eu une aventure cinq ans auparavant. Mais Iris revient dans sa vie. Iris, Iris, l’insaisissable Iris : elle annule les rendez-vous à la dernière minute, elle ne répond pas, mais se manifeste  au dernier moment expliquant son silence par des excuses plus ou moins convaincantes. Notre héroïne s’y laisse prendre : elle pardonne, elle accepte, elle se tait et elle recommence à laisser des messages qui resteront sans réponses. L’histoire ne se passe pas en relations charnelles, mais en SMS, en messages ignorés, en silence, en colère et en accablement. Moins Iris répond, plus l’héroïne sombre dans sa dépendance.

Originalité : la narration à la seconde personne du singulier qui nous accroche à elle, qui nous donne parfois la sensation qu’un narrateur nous parle, parle de nous.

Je me suis reconnue dans certains passages de ce livre sans avoir vécu une relation aussi obsessionnelle et unilatérale que celle de l’héroïne de ce livre et je lui ai ainsi trouvé des accents de vérité. Et il m’a permis de voir des choses sous un nouvel angle, comme si une personne extérieure m’observait et me donnait ses conclusions. Du coup, je crois que j’ai pris du recul grâce à ce bouquin que j’avais déjà lu il y a longtemps sans voir tout ça. Comme quoi, le contexte peut jouer énormément sur la manière que l’on peut avoir de percevoir un livre…

Un roman très juste sur la passion amoureuse qui nous emmène au bord du précipice.

J’ai lu qu’Héroïne était la suite « déguisée » de Superstars : à lire donc.

« C’est comme si ta vie tout entière défilait sur la musique. Tout ce que tu as pu regarder, entendre, goûter, toucher, les lieux, les gens, les époques, et jamais elle n’a été là pour le partager. Tu vois toutes les fois où tu y as cru, où tu l’as attendue, chaque fois si près du but. Tu la vois marcher, parler, rire, plein de gens l’entourent, et tu n’es pas dans le tableau. Elle vit sans toi. Tu n’existes pas. Tu voulais être tout pour elle et tu n’es rien. »

Héroïne, Ann Scott. Flammarion, 2005. 220 pages.

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